Dans le Sud de l’Eure, les arbres fruitiers souffrent. Le manque d’eau et la sécheresse ont provoqué une nette baisse des récoltes de fruits. L’association « Aux arbres citoyens ! » constate des dégâts importants. Les bénévoles multiplient les cueillettes solidaires, mais les jardins se vident.
Depuis le printemps, le déficit hydrique s’accentue dans le département. Les rivières s’assèchent et les sols se craquellent. les restrictions d'eau se multiplient. Pour les producteurs et les particuliers, c’est une année difficile.
Une association en première ligne face au stress hydrique
« Aux arbres citoyens ! » organise des cueillettes solidaires dans tout le territoire. Cette année, les bénévoles constatent une chute spectaculaire des volumes récoltés. La production fruitière locale est en crise.
Lors d’une récente récolte chez Nancy, aux Baux-de-Breteuil, le constat est sans appel. Les mirabelles sont belles et nombreuses, mais le reste des arbres est bien plus discret. « Nous avons eu très peu de cerises, par exemple », explique Nathalie, responsable de la cueillette du jour.
Des fruits victimes du manque d’eau
Les cerisiers ont particulièrement souffert. Les framboisiers aussi. « Chez nous, nous avons cinquante mètres de framboisiers qui donnent beaucoup habituellement. Mais cette année, rien », témoigne une cueilleuse. Même constat pour les pommiers : les fruits tombent avant d’être mûrs.
La raison principale ? Le stress hydrique. Les arbres manquent d’eau pour nourrir leurs fruits. Résultat, les pommes sèchent et se détachent des branches. Les bénévoles s’inquiètent pour la suite de la saison.
- 🍒 Cerises : récolte quasi nulle
- 🌳 Framboises : production en chute libre
- 🍎 Pommes : chute prématurée des fruits
- 🍐 Poires : fruits plus petits et plus secs
La solidarité mise à l’épreuve
Derrière ces cueillettes se cache un enjeu majeur : l'aide alimentaire. Les fruits récoltés sont en grande partie redistribués à des associations comme les Restos du Cœur. Mais avec des récoltes en berne, les volumes distribués diminuent.
« Les bénéficiaires, eux, sont toujours là », rappelle Nathalie. Cette situation fragile les plus précaires. D’autant que les prix des fruits augmentent en magasin. Les familles à petits budgets sont doublement pénalisées.
Des habitudes à repenser face à la crise agricole
Cette sécheresse interroge toute l’agriculture locale. Les bénévoles constatent que certains arbres s’en sortent mieux. Les figuiers et les cognassiers, habitués aux climats chauds, pourraient offrir de belles récoltes.
« Ce qui est certain, c’est qu’on ne va pas vers un refroidissement climatique », lance une participante. Les jardiniers doivent s’adapter. Planter des espèces plus résistantes, économiser l’eau, pailler les sols. Autant de pistes pour l’avenir.
La prochaine saison sera un véritable indicateur. Mais une chose est sûre : le manque d’eau bouscule les habitudes. Les bénévoles restent mobilisés, prêts à cueillir ce que la terre voudra bien donner.

Nolan a grandi dans une maison pleine de rotin et de bois brut. Après des études en design d’intérieur à Lyon, il s’est tourné vers la décoration naturelle et accessible. Dix ans de brocantes et de salons déco lui ont forgé l’œil.